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JEUNE DU MOIS: INTERVIEW

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Dans notre rubrique « JEUNE DU MOIS », notre service communication a rencontré Madame BARRY AGUIBOU, cheffe d’entreprises, pour nous parler d’elle, ces activités et sa vision du monde entrepreneurial.

MJEJ : BONJOUR MADAME. VOUS AVEZ ETE JEUNE DU MOIS AU COMPTE DE LA RUBRIQUE PORTANT LE MEME NOM AU MINISTERE DE LA JEUNESSE ? POUVEZ-VOUS NOUS PARLER DE VOTRE PARCOURS ENTREPRENEURIAL ?

AGUIBOU : Je vous remercie d’être venu aujourd’hui à mes locaux. Mais avant tout, je m’appelle Aguibou BARRY, je suis un enfant de cette nouvelle génération d’entrepreneur africain comme le reste du monde sur les technologies et sur l’instance aigu des services, j’ai vingt-sept (27) ans, diplômée en sociologie des organisations du travail en Algérie plus précisément à bejaia terre kabyles ; mère d’une petite magnifique fille du nom de Zoé.

Je n’étais pas destiné à être entrepreneur ; d’abord de retour au pays, j’ai voulu d’abord travailler pour le gouvernement mais malheureusement ça n’a pas été, peut-être parce que je ne pouvais pas rester trop dans un bureau, j’ai toujours envie d’être dehors d’être bouillante et par la suite j’ai eu une demande d’un français qui m’a dit, est ce que tu pourrais travailler dans un restaurant en tant que serveuse ? Au départ, l’idée me déplaisait parce que je me disais moi, diplômée, bilingue, comment je pourrais travailler dans un restaurant pendant qu’il y a d’autres personnes peut être qui pourraient m’offrir plus, donc j’en ai parlé à ma mère et puis finalement ça abouti, j’ai commencé à travailler en tant que serveuse, puis je suis devenu la manager du restaurant et de là-bas les associés ne se sont pas entendus donc du coup, j’ai profité pour prendre mon argent que j’avais en économie et j’ai commencé à investir dans les facilities .

MJEJ : ETANT JEUNE DAME ET RESPONSABLE D’ENTREPRISE. AUJOURD’HUI, QUE CE QUE CELA INSPIRE DANS UN MONDE OU LES CHEFS D’ENTREPRISES SONT DOMINEES PAR LES HOMMES (Garçon) ?

AGUIBOU : (Eclat de Rire)…Vous voulez ressortir mon côté féministe, d’accord…je sais qu’être femme entrepreneur, surtout en Afrique c’est un peu difficile et souvent nous sommes confrontées…par exemple moi souvent quand j’arrive dans un bureau et que je commence à parler de mes entreprises parce qu’aujourd’hui j’en ai deux (02), le plus souvent les gens me demande, et votre patron ? au départ, j’ai longtemps joué à ce jeu-là, donc on me demande où est votre patron ? Et je disais, mon patron, il est en voyage et c’est moi qui le représente. Mais à un moment donné, j’ai vu que si je voulais vraiment marquer les autres jeunes sœurs, les autres grandes sœurs qui veulent aussi investir mais d’une part qui ont peur ou qui ne sont pas motivées pour se lancer, il fallait que je m’assume. Ce que je dirais, ce qu’il ne faut pas avoir peur, une femme aussi ça peut être intelligente, une femme aussi peut être innovatrice, une femme aussi…déjà la femme elle est porteuse de la vie, donc rien ne fait peur.

MJEJ : L’ENTREPRENEURIAT EST AU CŒUR DES POLITIQUES DE JEUNESSE EN GUINEE. VOUS VOUS AVEZ TROUVE LA VOIX SANS L’AIDE DE L’ETAT, QUELLE INVITE AVEZ-VOUS A FAIRE AUX JEUNES DE GUINEE ?

AGUIBOU : Je ne cesserai de remercier mon Etat, parce que sans mon Etat je n’aurais pas été boursière de la Guinée en Algérie, donc d’une part ou d’une autre, l’Etat a contribué à mon évolution. Ils ont contribué beaucoup plus à mon évolution professionnelle parce que grâce à ma bourse algérienne que j’ai reçu de l’Etat Guinéen, aujourd’hui je suis où je suis, donc je remercie encore une fois l’Etat. Mais par rapport à mon entrepreneuriat, l’Etat n’a jamais été là pour moi. Dès le départ, j’ai commencé toute seule et le plus souvent j’ai eu beaucoup de personnes qui me disaient « vas vers l’Etat » ? Au départ je ne voulais pas aller surtout pour les mœurs, surtout pour les idées que les gens allaient avoir derrière ; c’est-à-dire on pense souvent que quand on part vers les Etats, c’est que ces gens-là ils nous demandent toujours un truc en retour ou bien c’est parce qu’on est enfant de l’Etat, ou parce qu’on a un parent qui a été dirigeant !! Moi j’ai mon père, il n’est jamais allé à l’école, je suis enfant d’un illettré mais d’un homme très courageux dont je suis fier aujourd’hui et…l’Etat ne m’a jamais accompagnée et je les remercie aujourd’hui de venir vers moi et d’essayer de voir un peu où se trouve les lacunes et pour pouvoir m’aider à plus avancer parce que toute seule je n’arriverais pas.

MJEJ : LE MINISTERE DE LA JEUNESSE A DANS SES PREROGATIVES, LA PROMOTION DES INITIATIVES PRIVEES EN ACCOMPAGNANT ET ENCOURAGEANT LES JEUNES ASPIRANTS ENTREPRENEURS. AVEZ-VOUS DES RECOMMANDATIONS A NOUS FAIRE ?

AGUIBOU : La recommandation que j’ai à faire au Ministère de la jeunesse, c’est de continuer dans cette logique, il y a beaucoup d’autres jeunes comme moi qui sont dehors ; peut-être qui n’ont pas deux (02) entreprises ou qui n’ont pas trois (03) entreprises ou qui n’ont aucune entreprise, mais qui ont quand même des idées, qui ont envie de développer ces idées, qui n’ont pas le financement et qui aimeraient vraiment obtenir de financements, donc j’aimerais vraiment que l’Etat aille à la source ; c’est-à-dire, au lieu seulement de rester voir peut être les gens  entre guillemets, qui sont comme nous, qui ont déjà une page Facebook, qui ont déjà une entreprise.

Oui nous avons besoin d’aide mais je pense que ceux qui ont besoin de plus d’aide, c’est ceux qui sont à la maison, ceux qui n’ont pas de boulot, ceux qui ont des idées, qui sont hyper motivés, hyper doués et qui aimeraient aussi être reconnu

MJEJ : VOTRE DERNIER MOT OU DISONS UN MESSAGE AUX JEUNES DE GUINEE

AGUIBOU : Les message que j’ai à passer aux jeunes qui sont en quête de l’emploi, je leur dirai, n’attendez pas que les entreprises vous appellent, moi-même j’ai déposé plusieurs fois des CV et je n’ai jamais eu de retour ; plusieurs fois j’ai insisté, jamais je n’ai eu de retour, mais c’est à nous, c’est à vous au fait de foncer, continuez à foncer, continuez s’il le faut jusqu’à ce qu’on vous dite que vous êtes en train de les harceler, continuez. Le travail ne viendra pas à nous, c’est plutôt à nous de montrer aux employeurs, qu’ils ont besoin de nous.

Merci